L'étiquette, pilier de l'Aikido au Japon
Rei au dojo de Horii Etsuji Shihan

L'étiquette, pilier de l'Aikido au Japon

Un fameux proverbe japonais dit « Budo wa rei ni hajimari, rei ni owaru »(武道は礼に始まり、礼に終わる), « La pratique commence par un salut et se termine par un salut ». Au sens japonais du terme, cela signifie que tout moment de pratique, qu'il soit une démonstration, un cours, ou un combat compétitif est régit par le « reigi » (礼儀) du début à la fin : c'est l'étiquette. L'étiquette est parfois un peu oubliée dans certains arts ou dans certains dojos en dehors du Japon, mais elle ne l'est pas, jamais, au Japon. Elle s'exprime avec différents niveaux de sévérité selon le dojo, mais elle reste omniprésente et ses bases doivent être comprises, autant par les pratiquants japonais qu'étrangers. Ne pas connaître l'étiquette vous vaudra, au mieux, d'être mis à l'écart et donc de ne pas avoir accès à l'enseignement, ni des sensei, ni des sempai, et au pire, de vous faire renvoyer d'un dojo. Bien entendu, certains points d'étiquette sont très complexes, notamment ceux tenant aux relations précises entre les différents pratiquants et enseignants, et ils sont donc très difficiles à saisir lorsque l'on n'est pas japonais. Ces points vous seront toujours pardonnés. Ce qui compte dans l'étiquette, c'est le bon sens et le respect. Si vous gardez cela en tête, aucun impair par inattention ou méprise ne devrait vous poser problème. Passons donc en revue les points les plus importants qui vous permettront de vous fondre dans le décor.

Dans le dojo, en dehors du tatami

Des règles de bon sens

Au dojo, il y a quelques règles de bon sens qui paraîtront évidentes à la plupart d'entre vous. Nous les rappellerons tout de même car l'expérience nous montre qu'elles ne sont, en réalité, pas évidentes pour tout le monde.

  • Venez au dojo en vêtements de ville et repartez de la même manière. Ne portez votre Keikogi qu'au sein du Dojo.
  • Retirez vos chaussures à l'entrée et découvrez vous la tête (casquette, chapeau, etc.). Il est possible d'apporter des Zoori mais ce n'est pas indispensable (on en voit très peu au Hombu Dojo par exemple).
  • Présentez-vous physiquement en bon état. Il n'est pas envisageable de se rendre au dojo en état d'ébriété ou lorsque l'on n'est pas en pleine possession de ses facultés. Bien entendu, on ne boit pas dans le dojo, sauf lorsqu'un événement est organisé pour une célébration quelconque.
  • Ne mangez pas à l'intérieur du dojo (sauf célébration spécifique).
  • Saluez le personnel, les enseignants et les sempai de manière semi-formelle (avec un léger salut de tête) lorsque vous les croisez dans les couloirs. Faites-le à chaque fois car un salut le matin ne vaut pas pour toute la journée.
  • Tenez-vous correctement d'une manière générale (on ne s'assoit pas par terre, on ne s'adosse pas aux murs, etc.)
  • Ne restez pas dans le dojo (vestiaires notamment) entre les cours.
  • Ne vous entraînez pas ni ne faites de technique dans les couloirs.
  • En fonction des dojos, saluez à l'entrée (si la pièce principale contient le dojo avec le tatami et le kamiza), et/ou saluez les portraits du fondateur lorsqu'il est affiché dans un couloir (comme au Hombu Dojo par exemple).
  • D'une manière générale, faites attention au volume de votre voix. Les japonais ont tendance à rester discrets lorsqu'ils parlent.
  • Attention lorsque vous vous rendez aux toilettes. En général, vous trouverez des chaussons à l'entrée. Veillez à les mettre lorsque vous êtes aux toilettes et à bien les retirer en sortant. (Cette règle s'applique dans la plupart des maisons, temples, restaurants traditionnels, etc.)
  • Le dojo n'est pas un lieu touristique. Vous pouvez envisager de faire une photo souvenir devant ou dans l'entrée, mais restez discret.
  • Le Dojo est un lieu d'étude, il convient donc de rester sérieux et concentré lorsqu'on s'y trouve.

Dans le dojo, sur les tatamis

Au cœur du dojo

Le Tatami est le lieu central du dojo. On y trouve généralement un Kamiza (mur d'honneur) qui affiche au minimum le portrait du fondateur, mais souvent d'autres éléments comme des fleurs (Ikebana) ou des éléments en rapport avec la culture religieuse japonaise (Shinto).

Les règles qui s'appliquent sur les tatamis sont celles du dojo bien sûr, plus une série de règles dont certaines sont spécifiques à la culture japonaise, d'autres spécifiques à l'Aikido, et parfois, spécifiques au Dojo (nous n'aborderons ces dernières que pour l'Aikikai Hombu Dojo).

  • Tout d'abord, soyez à l'heure ! Les retards arrivent, bien entendu, et vous pourrez être pardonné si vous arrivez pendant l'échauffement (moins de 5 mins de retard environ). Après l'échauffement, c'est terminé. Il sera alors préférable que vous rentriez chez vous ou que vous attendiez le cours suivant, quelle qu'en soit la raison. Même si on ne vous dit rien, des retards à répétition vous feront passer pour un grossier personnage, et ce pour un long moment.
  • On salue lorsqu'on rentre dans la pièce où se trouvent les tatamis, en seiza, en direction du Kamiza. Ce premier salut se fait généralement dans l'angle du tatami le plus proche de la porte d'entrée. Au Hombu Dojo, on fera également un second salut en direction des pratiquants déjà dans le dojo.
  • Cela dépend des dojos, mais en général, il est préférable de mettre son Hakama dans le vestiaire, pas sur le tatami (le pliage se fera, lui, sur le tatami) et on rentre complètement habillé et prêt à pratiquer.
  • Lorsque vous quittez le tatami temporairement, saluez debout en direction du Kamiza en sortant, puis en rentrant. Pensez à vous excusez auprès de votre partenaire si vous vous absentez et que celui ci doit vous attendre (lorsque vous allez boire par exemple).
  • Lorsque vous quittez le tatami pour sortir du dojo, saluez en seiza dans l'ordre opposé de l'arrivée, c'est-à-dire les pratiquants, puis le Kamiza.
  • Vous pouvez vous présenter avant le cours pour vous échauffer, mais veillez à rester silencieux et à ne jamais tourner le dos au Kamiza pendant l'échauffement. Il va sans dire que l'on ne s'allonge pas au sol et que l'on se tient correctement d'une manière générale lorsqu'on attend le début du cours. Si vous êtes assis gardez les jambes croisées en tailleur, ne présentez pas la plante de vos pieds au Kamiza.
  • Le cours débute par un salut au Kamiza (le professeur vous tourne le dos), puis un salut au professeur (qui se sera alors retourné). On prononce alors la phrase « Onegai shimasu » (voir lexique en fin d'article).
  • Vous devez réaliser l'échauffement sur le modèle montré par l'enseignant. Si vous avez vos propres mouvements, venez les faire avant le cours. Dès lors que le cours a commencé, vous êtes là pour suivre l'enseignement du professeur, du début (l'échauffement) à la fin.
  • Au Japon, on ne discute pas la technique sur le tatami. Vous êtes là pour pratiquer et uniquement pour pratiquer, pas pour discuter. Cela peut être relativement éprouvant pour certains pratiquants qui ont l'habitude de gérer leur souffle et leur fatigue en discutant pendant la technique. Préparez vous à l'avance car vous pratiquerez au moins une heure avec très peu de temps de repos (les enseignants n'expliquant que peu de choses).
  • On ne critique pas la technique du partenaire. Si vous pensez qu'elle est fausse, que vous ayez tort ou raison n'a aucune importance. Vous pouvez lui rendre la tâche un peu plus difficile pour l'aider à trouver la bonne direction, mais ne bloquez pas, car vous êtes là pour aider votre partenaire. Dans cette même logique, rappelez vous que vous êtes un visiteur. Il est attendu que vous veniez pour apprendre, pas pour enseigner. Même si votre partenaire est très clairement dans l'erreur, ce n'est pas votre rôle de le corriger, c'est celui de ses sempai du dojo et des enseignants.
  • Lorsque vous pratiquez avec un débutant, vous pouvez lui montrer la direction à suivre, en ne parlant pas ou très peu. Cependant, ne le faites que si vous comprenez le mouvement montré par l'enseignant. Si la forme de base montrée n'est pas celle que vous connaissez, abstenez vous. Vous devez impérativement éviter de montrer une technique qui ne serait pas celle proposée par l'enseignant.
  • Lorsqu'un enseignant vous désigne pour montrer la technique au milieu, saluez à genoux rapidement, levez-vous et attaquez directement. Lorsque la technique est terminée, même si l'enseignant passe immédiatement au pratiquant suivant, vous devez retourner sur le bord du tatami le plus proche et vous saluer de là (même si il ne vous regarde plus et est déjà passé au pratiquant suivant).
  • Évitez au maximum de passer entre l'enseignant et le kamiza lorsque vous retournez à votre place.
  • Ne soyez jamais familier avec qui que ce soit, à moins de très bien le connaître. La culture japonaise n'apprécie pas les comportements familiers lorsqu'on ne se connait pas. Les remarques techniques à la fin du cours par exemple sont autorisées aux habitués du dojo qui se connaissent, pas aux visiteurs.
  • Il est souvent possible de boire pendant les cours, notamment en été où le climat est très difficile à supporter. Vous pouvez quitter le tatami pour boire dans le vestiaire, dans ce cas, saluez debout en sortant et en entrant. Selon les dojos, vous pouvez également avoir une bouteille d'eau au bord du tatami (de l'eau uniquement et en petit format). Lorsque vous allez boire, excusez-vous auprès de votre partenaire qui se mettra en seiza au bord du tatami en vous attendant. D'une manière générale, n'allez pas boire toutes les cinq minutes, mais uniquement lorsque vous en avez vraiment besoin. Vous êtes dans le cadre de l'étude d'un art martial, on attend de vous une certaine maîtrise de votre corps (bien que celle-ci ne doive pas entraîner de risque pour vous, bien entendu).
  • Lorsqu'un enseignant vous fait une remarque, vous corrige, saluez-le. Lorsqu'il vous pose une question, répondez-lui (comme vous le pouvez), et quelle que soit la question/réponse, un remerciement en fin d'interaction (remerciement de vous avoir porté attention) est de mise. La phrase « Arigatô gozaimasu » est alors très utile.
  • Lorsque l'enseignant arrête la technique, arrêtez-vous immédiatement, ne terminez pas votre mouvement, et asseyez-vous. Selon le rythme du dojo, il peut vous être demandé de saluer votre partenaire pour le remercier, ou de vous asseoir immédiatement (dans ce cas, si il y a changement de partenaire à la technique suivante, vous saluerez votre partenaire précédent avant de choisir le suivant).
  • Bien entendu, lorsqu'un enseignant montre la technique, on regarde attentivement, on ne parle pas, on ne boit pas, on ne s'affale pas (aussi fatigué que l'on soit). Évitez également de vous essuyer le visage pendant ce temps.
  • Si vous restez plusieurs jours, il est fortement conseillé de faire broder vos équipements en japonais pour que les enseignants puissent vous identifier ou vous appeler (voir l'article très détaillé de Seido à ce sujet). Si vous ne le faites pas, vous risquez qu'un enseignant vienne écrire votre nom au marqueur sur votre manche.
  • On ne reste jamais debout sur le tatami sans bouger. Si vous regardez, mettez vous en seiza.
  • Si vous devez poser une question à l'enseignant, réfléchissez y à deux fois, car sauf cas très particulier, vous n'avez rien à lui demander. Ne posez pas de question technique, encore moins une question n'étant pas en relation directe avec le cours.
    Au Hombu Dojo, il est « officiellement » possible de poser des questions après les cours, en demandant à l'accueil par exemple, même si cela est extrêmement rare (et que de fait, ce n'est pas recommandé).
  • Lorsque vous pliez votre Hakama à la fin du cours, ne tournez pas le dos au Kamiza.
    Dans certains groupes, les kohai plient le Hakama du sensei, voire éventuellement du sempai (il faut alors demander l'autorisation de lui plier), mais cette coutume est de plus en plus rare.
  • Lorsque vous observez le cours, vous devez être en Seiza ou en tailleur. N'allongez pas vos jambes, ne vous adossez pas au mur et, bien entendu, ne parlez pas ni ne sortez votre portable. Vous êtes là pour observer, ce qu'on appelle du « Mitorigeiko ». La même concentration que lorsque vous pratiquez est requise.
  • A la fin du cours, vous devez participer au nettoyage du tatami. Vous êtes un visiteur, c'est-à-dire le niveau le plus bas de la hiérarchie (quel que soit votre grade), il est attendu que vous participiez à toutes les tâches d'entretien après les cours. Une exception à cela : lorsque vous êtes considéré comme un invité du dojo, c'est-à-dire lorsque vous êtes attendu et reçu en invité. Dans ce cas, vous aurez un rang d'honneur et vous serez traité différemment mais ce n'est pas le sujet de cet article.

Malgré toutes ces règles en apparence strictes, le Hombu Dojo reste un dojo relativement souple. Si vous faites une erreur, un impair, excusez-vous et ce sera oublié.

En revanche, sachez qu'au Japon les excuses argumentées (bidons ou non) ne sont pas appréciées. Il est hors de propos de savoir si vous êtes en retard à cause du train ou parce que vous êtes parti en retard. Le fait est que vous êtes en retard et que ceci est votre problème. Excusez-vous platement et ne cherchez pas à vous justifier. Cela est extrêmement important si vous souhaitez avoir de bonnes relations avec les enseignants et pratiquants japonais.

Les enseignants sont des êtres humains. Ils savent bien qu'il peut y avoir nombre de raisons indépendantes de votre volonté pour que vous commettiez des erreurs, ils n'ont pas besoin d'en connaître les détails.

Le niveau d'exigence peut varier grandement d'un dojo à l'autre. Si vous enchaînez les impairs au Hombu Dojo, vous passerez pour un rustre, mais il est peu probable qu'on vous le dise ou que l'on vous renvoie chez vous. Certains dojos peuvent être beaucoup plus stricts et il n'est pas rare d'entendre des histoires de pratiquants s'étant fait renvoyer temporairement ou définitivement d'un dojo pour manque de respect, même des hauts gradés. Apprenez à connaiîre le dojo où vous pratiquez pour en respecter les codes.

Dans certains dojos, des règles supplémentaires peuvent s'appliquer. On pourra par exemple demander aux pratiquants de se placer par ordre de grade ou d'ancienneté pour l'ouverture du cours. Dans ce cas, les visiteurs se placent en dernier, quel que soit leur grade. Les invités d'honneur sont au mur honneur, etc. Cela fera sûrement le sujet d'un futur article.

Votre religion ou votre culture ne rentre pas en ligne de compte. Vous êtes au Japon dans un milieu traditionnel, vous respectez donc sa culture et ses usages. Vous devez saluer à genoux lorsqu'il le faut, les femmes ne portent pas le voile dans l'enceinte du dojo. Ceci est non négociable. Si vous ne souhaitez pas vous plier à ces règles, ne venez pas pratiquer au Japon.

Sachez que les japonais sont très tolérants au sujet des croyances d'autrui, probablement en raison du fait que le paysage religieux japonais est composé de très nombreuses religions et sectes. Le fait que l'on vous demande de vous plier aux règles du lieu dans lequel vous êtes n'est pas une marque d’intolérance mais d'ignorance de vos convictions personnelles dans un contexte social de groupe.

Techniques de salut

Le salut formel peut prendre plusieurs formes. Il reste très simple au Hombu Dojo, mais dans certains dojo, il s'agira du salut Shinto. En revanche, le salut dit « martial » est régit par des règles claires et logiques (tout du moins d'un point de vue historique). Saluer correctement n'est pas qu'une marque de respect envers les japonais, cela fait partie intégrante de la culture martiale. Que l'on pratique au Japon ou non, tout pratiquant se doit de connaître parfaitement les différentes techniques de salut.

  • Lors du salut, on positionne sa main gauche au sol en premier, puis sa main droite. L'origine de cette coutume remonte à l'époque des samouraïs où la main droite restait alerte pour dégainer le sabre jusqu'au dernier moment, en cas d'attaque prématurée de l'adversaire (cela n'était pas rare, le fair play ne faisant pas partie des valeurs des samouraïs, mais ceci est un autre sujet).
  • Lorsque vous saluez de loin, comme en début de cours, vous pouvez vous incliner à 80°, la tête presque au sol.
    En revanche, lorsqu'on salue face au partenaire, on ne pose pas la tête au sol. Vous devez conserver votre regard au niveau des mains du partenaire à tout moment, pour des raisons de "sécurité" d'un point de vue martial.
    Dans tous les cas, on ne courbe pas le dos et les épaules mais on plie les hanches pour s'incliner.
  • Le salut debout se fait les bras le long du corps en s'inclinant à 45° et en veillant à conserver le regard au minimum au niveau des mains du partenaire. Il existe un salut à 90° mais il n'est utilisé que lorsque vous présentez des excuses, pas dans le contexte martial.
  • Le salut d'ouverture de cours normal : En seiza, face au Kamiza, on salue le kamiza en même temps que l'enseignant, puis l'enseignant lui-même.
    Ce salut peut se faire en se penchant à 90° (ou presque), avec la tête proche du sol.
  • Dans le cas du salut Shinto, lors du salut au Kamiza, on frappe dans ses mains deux fois (pour attirer l'attention des dieux). Imitez simplement les habitués du dojo.

Le reigi dans la pratique des armes

Globalement, les mêmes règles s'appliquent aux armes et à mains nues, avec quelques petites nuances et ajouts que voici. Notez que les écoles d'armes (Iaido, Kenjutsu, etc.) sont généralement beaucoup plus strictes sur le reigi et les techniques de salut. D'une part, la pratique aux armes présentant un certain danger, le respect des codes est nécessairement plus strict. D'autre part, ces arts ont beaucoup moins subi d'influences extérieures (occidentales) que l'Aikido et restent donc plus ancrés dans les anciennes traditions.

  • Traditionnellement, le salut en seiza se fait avec votre jo/bokken posé à votre droite, lame vers vous. Si votre bokken était un katana, cela rendrait plus difficile la sortie de la lame de son fourreau et place donc chaque pratiquant en "sécurité" d'une attaque en traître pendant le salut. Ce n'est cependant plus beaucoup respecté et les armes sont souvent posées à gauche lors du salut.
  • Une fois le salut effectué, placez vos armes à votre gauche, de manière à pouvoir la saisir rapidement.
  • Levez-vous, arme dans la main gauche, saluez debout, puis faites le mouvement de sortie de lame du fourreau pour vous mettre en garde.
  • Lorsque vous prenez une arme en dehors du tatami (sur un râtelier d'arme ou dans votre sac), placez l'arme à l'horizontale, au niveau de la tête (en restant debout), et faites un léger salut de tête. Ce salut a pour origine le caractère sacré du sabre dans la culture samouraï. Faites de même lorsque vous reposez l'arme.
  • Lorsque vous passez une arme à un autre pratiquant, l'échange se fait avec l'arme à l'horizontale, poignée (si bokken) dans la main gauche et lame vers soi (la position la moins propice à une attaque en traître lors du passage de l'arme).
  • Ne "jetez" jamais vos armes au sol. D'une manière générale, on traite ses armes comme si c'était un véritable sabre (relativement fragile et d'une grande valeur).
  • N'enjambez pas les armes lors de vos déplacements sur le tatami, contournez-les, et si possible par l'arrière.

Vocabulaire

  • Onegai shimasu (お願いします) : phrase prononcée en début de cours (vers l'enseignant), et au salut avant chaque début de séquence de pratique avec un partenaire. Cela signifie littéralement « s'il vous plait ».
  • Arigatô gozaimasu (ありがとうございます) au présent / Arigatô gozaimashita (ありがとうございました) au passé : prononcée en fin de cours ou en fin de séquence de pratique avec un partenaire. Cela signifie tout simplement « merci ». On utilise plutôt la forme passée en fin de cours, et la forme présente pour remercier immédiatement après une action.
  • Otsukaresama desu (お疲れ様です) au présent / Otsukaresama deshita (お疲れ様でした) au passé : généralement utilisé après le cours ou lorsqu'on quitte le vestiaire. Traduit littéralement par « nous sommes fatigués » et signifiant « vous/nous avons bien travaillé », elle comprend une nuance d'encouragement et est très utilisée tant au dojo qu'en dehors. L'utilisation de la forme présent ou passé dépend beaucoup des gens, les deux sont valides dans le contexte de fin de cours / sortie du vestiaire. Attention, cette phrase s'adresse plutôt aux pratiquants.
  • Shitsurei shimasu (失礼します) au présent / Shitsurei shimashita (失礼しました) au passé : signifiant « pardonnez moi / excusez moi » (litt. « j'ai commis un impair ») sur un registre poli, cette formule est également utilisée pour se faire excuser de quitter un lieu avant les autres. Vous pouvez utiliser « Shitsurei shimasu » lorsque vous quittez le vestiaire ou le dojo (cette phrase s'adressant à tout le monde : enseignants, pratiquants et staff). Vous préférerez la forme passée « Shitsurei shimashita » lorsque vous réalisez que vous venez de faire une erreur (d'étiquette par exemple).
  • Sumimasen au présent (すみません)/ sumimasen deshita (すみませんでした) au passé: traduit tout simplement par « excusez moi ». Vous devez utiliser la forme présent « Sumimasen » immédiatement après avoir fait une faute (par exemple, en jetant votre partenaire sur un voisin), et la forme passée "sumimasen deshita" pour vous excuser de manière plus appuyée sur une erreur commise un peu plus tôt (par exemple, si vous faites mal à votre partenaire et que vous souhaitez vous excuser à nouveau après le cours).
  • Daijobu desu ka (大丈夫ですか) - question - / daijobu desu (大丈夫です) - réponse - : "est-ce que ça va ?". Très utile pour confirmer que votre partenaire va bien après un mouvement un peu appuyé ou une chute un peu forte. Posez la question « Daijobu desu ka » (ça va ?), et l'on vous répondra « Daijobu desu » (ça va).

C'est sur ce petit lexique que se termine cet article (je vous invite à lire notre article spécifique sur le lexique du dojo, et d'aller consulter notre glossaire). Ne vous inquiétez pas, les japonais sont habitués à ce que les visiteurs fassent des impairs. En général, ils vous seront pardonnés immédiatement si il ne s'agit pas d'une grosse faute de respect (notamment vis à vis d'un sempai ou un sensei). Les japonais apprécient en revanche beaucoup les efforts faits pour s'adapter à leur culture, et notamment à leurs règles de politesse et d'étiquette. Si vous souhaitez tirer le meilleur de votre expérience de pratique, avoir une bonne relation avec vos sempai et les sensei, il est impératif de faire votre maximum pour respecter toutes ces règles, au risque de passer pour un touriste auquel on accordera nécessairement moins d'attention.

Bon courage et n’hésitez pas à nous donner les règles de votre dojo de prédilection dans les commentaires !